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afoulay
17 décembre 2006

symbolisme des couleur

La symbolique des couleurs.

Les couleurs nous parlent :

 

Le symbolisme des couleurs concerne l’historien, le sociologue, le psychologue, le styliste... Une littérature abondante lui est consacrée, et dans des domaines très variés, du symbolisme ésotérique au symbole graphique (panneau de signalisation routière), et passant par l’art religieux et le compagnonnage. Suivant les domaines, les lieux ou les époques, les réponses sont semblables ou différentes, voire contradictoires, car chaque civilisation, chaque groupe, s’est forgé un symbolisme émanant de sa propre culture. En outre, il apparaît que les couleurs ont un pouvoir physique, physiologique et psychologique sur tout ce qui vit (voir l’utilisation qu’en font les caméléons et certains insectes pour leur défense, le paon et le publiciste pour la séduction, etc.)

De nombreux ouvrages examinent l’expression des couleurs et leurs différents pouvoirs. Certains, étayés par des travaux scientifiques, montrent l’action de la couleur sur l’organisme humain ou animal, d’autres se basent sur des tests psychologiques sérieux pour des études de comportement, d’autres encore rejoignent le symbolisme ou l’ésotérisme avec par fois des contradictions car il s’agit là de sensations non chiffrables et relatives, mais néanmoins intéressantes.

Une couleur peut agir seul sur notre comportement. Il est admis que, dans l’environnement, le vert détend, l’orangé est tonique, le rouge est excitant, etc. mais aucun instrument ne peut quantifier ce qu’une couleur exprime. Il est cependant une notion souvent utilisée par les coloristes ou les peintres que l’on peut prendre en compte, c’est la sensation de chaud ou de froid que l’on peut ressentir devant une couleur.

Est-ce parce que le bleu d’un glacier est proche du cyan et que le flamme d’un brasier est proche du vermillon que ces deux couleurs sont réputées représenter le mieux ces deux sensations ? Les robinets d’eau chaude et froide sont repérés dans le monde entier par le bleu et le rouge. C’est dire que ce lien est bien établi... D’après différents auteurs, d’autres expressions, regroupées dans le tableau suivant sont souvent associées à cette notion de chaud et de froid.

FROID

CHAUD

bleu

rouge

moins

plus

ombragé

ensoleillé

apaisant

excitant

lointain

proche

transparent

opaque

fin

épais

aérien

terreux

léger

lourd


La proximité d’une couleur sombre exalte une couleur claire. Deux couleurs complémentaires sont en harmonie pour l’œil. L’expression naît du choix des couleurs, de leur forme, de leur grandeur et de leur positions relatives. Elle naît aussi des contrastes plus ou moins grands entre des tons, des saturations, des clartés des grandeurs de surfaces, etc. La maîtrise de cette notion nécessite des années d’observation, de réflexion et d’expérience. Pour le décorateur, l’architecte, et styliste et surtout le peintre, c’est LA difficulté et en même temps la réussite de l’œuvre d’art.

Les couleurs occupent une place exceptionnelle dans la symbolique traditionnelle depuis le début de l’humanité. Elles eurent la même signification chez tous les peuples de la haute antiquité. Leur langage, intimement lié à la religion, passe dans l’Inde, en Chine, en Egypte, en Grèce, à Rome... reparaît dans le Moyen Âge, et les vitraux des cathédrales gothiques trouvent leur explication dans les livres zends, les Vedas, et les peinture des temples égyptiens... Elles ont joué une fonction cosmique et ont représenté des divinités dans diverses cosmogonies : chez les Amérindiens (Mayas, Aztèques, Incas...), le rouge est associé à l’Est, pays du soleil ; le bleu ou le blanc au Nord (pays du froid) ; le Noir à l’Ouest (pays de l’ombre) ; le jaune ou le blanc au Sud...

Les Japonais reconnaissent aux couleurs "des significations particulièrement délicates dépassant ce que l’homme est capable de décrire". Les écoles shintoïstes enseignent à leurs initiés les correspondances suivantes :

Noir et Violet

Nord - Primitif, origine, paradis.

Bleu ou Vert

Est - Vie, création.

Rouge

Sud - Harmonie et expansion.

Blanc

Ouest - Intégration et propulsion.

Jaune

Centre - Créateur, unité


Cette série de cinq couleurs domine le rituel : lorsque l’Empereur fait à un dieu un don d’étoffes, il doit y en avoir au moins une pièce de chaque couleur ; les bannières sont composées de bandes de cinq couleurs ; les bandelettes de cinq couleurs pendent aux grelots portés par les danseurs lors de certaines danses sacrées...

Dans les lignes qui suivent, nous allons évoquer les couleurs suivantes : Blanc, Rouge, Jaune, Orangé, Vert, Bleu, Violet, Rose, Noir, Gris, Brun.

Blanc

Synthèse de toutes les couleurs, le blanc est la lumière, et les anciens en avaient fait la couleur de la divinité : les Egyptiens enveloppaient les défunts dans un linceul blanc pour montrer que la mort délivre l’âme pure de son enveloppe charnelle périssable. Chez les Hébreux, la tunique de lin blanc représentait la pureté du Sacrificateur et la justice divine. A Rome, le blanc était la couleur des vestales (prêtresses qui étaient brûlées vivez lorsqu’elles manquaient à leur voeux de chasteté...). C’était aussi le couleur des druides, des initiés...

Participent de la symbolique du blanc et emblèmes de pureté, vertu et chasteté : la robe blanche de la communiante et de la mariée, le bouquet de fleur d’oranger, le lis, la colombe, le lin, l’ivoire, le diamant, la neige... Par extension, c’est aussi parfois la couleur du deuil d’un enfant, d’un être pur... Sous son aspect maléfique : la lune (le blanc lunaire est celui de la lividité cadavérique et du linceul)

Rouge

En Egypte, le rouge symbolisait l’amour divin. C’est la couleur du sang frais et du feu qui, selon les anciennes croyances a créée le monde et le détruira. Il symbolise la vie, la chaleur et la génération, mais aussi la destruction. Le rouge vif, ou clair est la force vitale, la richesse et l’amour. Mais, sous son aspect infernal, le rouge correspond à l’égoïsme, à la haine et à l’amour infernal.

Dans les textes sacrés des Chrétiens, des Egyptiens, des Hébreux et des Arabes, cette couleur a toujours été associée au feu et à l’amour divin, et a symbolisé la divinité et le culte. Couleur des généraux, de la noblesse, des patriciens et des empereurs à Rome, les cardinaux ont hérité de ce symbole de la souveraineté. Au Pérou, elle était liée à la guerre et désignait les soldats.

Au niveau psychologique, le rouge représente la joie de vivre, l’optimisme, la vigueur, l’instinct combatif et ses tendances agressives, la pulsion sexuelle, le désir amoureux, la passion, le besoin de conquête...

Jaune

Couleur de la lumière, emblème de l’or, associé au miel, le jaune était la couleur de la lumière céleste révélée aux hommes et de la doctrine religieuse enseignée dans les temples. Mais le jaune lunaire, couleur de l’or terni est du soufre symbolise l’inconstance, la jalousie, les passions dépravés, l’adultère, la culpabilité, la trahison (dans l’iconographie, Judas est vêtu de jaune ; dans plusieurs pays, les juifs devaient porter des vêtements jaunes parce que Judas avait trahi le Christ , ou une étoile jaune... ; en France, on barbouillait de jaune la porte des traîtres, les "briseurs de grève" étaient appelés des "jaunes"...)

Au point de vue psychologique, et dans les rêves, le jaune est la couleur de l’intuition et symbolise la capacité de renouvellement, l’entrain, la jeunesse et l’audace, mais aussi souvent l’instabilité et la vanité. Il révèle un besoin de supériorité et à l’extrême, la volonté de puissance aveugle manifestée en prétentions exagérées à une supériorité factice (souvent compensation d’un sentiment d’infériorité mal liquidé ou inconscient).

Orangé

L’orangé qui procède du rouge et du jaune désigne la révélation de l’amour divin à l’âme humaine et fut le symbole du mariage indissoluble, mais aussi, par renversement du symbole, de l’adultère, de la luxure, et dans la langue héraldique, de la dissimulation et de l’hypocrisie.

Dans les rêves, cette tonalité chaude et brillante, emblème de la luxure, exprime un intense besoin de jouissance et d’expansion, et reflète un équilibre fragile et la nécessité de contrôler ses impulsions.

Attribut de Typhon (le monstre qui, en s’attaquant aux dieux de l’Olympe, engagea la lutte entre la lumière et les forces souterraines, le roux a symbolisé dans toutes les mythologies les tendances animales de l’homme, la fécondité extravagante, la perversion, la concupiscence et leurs conséquences : intempérance, débauche, violence, égoïsme...

Vert

Le vert, couleur de la nature, est doué d’un pouvoir de régénération, car il capte l’énergie solaire et la transforme en énergie vitale. Il est le symbole de le régénération spirituelle. Couleur des bourgeons printanier, signalant la fin de l’hiver, il symbolise l’espérance. En Egypte, la couleur verte est attribuée à Phtah, le créateur et le stabilisateur, et à l’eau, parce que dans la cosmogonie égyptienne, l’eau était l’élément primordial de la création. Elle désignait la fondation du temps, la création du monde et symbolisait la naissance matérielle et spirituelle, c’est à dire les mystères de l’initiation.

Produit de l’association du jaune et du bleu, le vert possède une dualité : c’est la couleur de Vénus, symbole de renouveau, mais aussi de la vengeance ; du dieu-serpent aztèque, inventeur des arts, identifié au Thot-Mercure égypto-latin et au Lug gaulois, médecin, magicien, satiriste et artisan ; du Kirs musulman qui avait pour fonction de concilier les extrêmes (fonction synthétisée par le Caducée). En Chine, le vert désigne l’Est, le printemps, le bois et la charité ; dans le christianisme, la régénération dans les actes, c’est à dire la charité, et par antinomie la dégradation morale et la folie, le désespoir. Teinté de jaune (la couleur des yeux du dragon et des serpents) le vert est la couleur des eaux mortes, de la putréfaction et a une influence néfaste.

Sur le plan psychologique et dans les rêves, le vert, couleur de la vigueur sexuelle, reflète le besoin d’épanouissement, d’estime, de valorisation, de culture et de connaissance.

Bleu

Le bleu est associé à la divinité dans toutes les mythologies : à Amon-Râ, dieu du soleil levant dans l’ancienne égypte ; en Grèce à Jupiter, père des dieux et des hommes, et à Junon, incarnation de la féminité féconde et épanouie ; en Inde, à Vishnou le justicier... En Chine, il symbolise le Tao, la Voie sacrée, le principe insondable des êtres.

Le bleu jupitérien, couleur froide du vide, est celle de la vérité ; pour les Égyptiens, de la vérité éternelle, de l’immortalité ; la fidélité, la chasteté, la loyauté et la justice dans la tradition chrétienne. Identifié à l’air, au vent, il symbolise la spiritualité, la contemplation, la passivité et favorise la méditation, le repos. Le bleu clair reflète l’inaccessible, le merveilleux, l’évasion.

Sur le plan psychologique et dans les rêves, le bleu est la couleur de la tolérance et représente l’équilibre, le contrôle de soi, les tendances à la générosité, à la bonté, un comportement réfléchi et le besoin de sérénité.

Violet

Le bleu et le rouge s’équilibrent dans le violet qui signifie l’amour de la vérité et la vérité de l’amour. Il fut le symbole des noces mystiques du Seigneur et de l’Eglise, de la passion et des martyrs, et représente l’identification totale du Père et du Fils. C’est aussi la couleur des veuves, des évêques et des martyrs, et un symbole de mort pour les Chinois.

En psychologie, le violet, couleur de la fusion amoureuse, de la soumission, traduit le besoin d’union, d’approbation et d’identification à un être aimé. Mais ce rouge refroidi renferme quelque chose d’éteint et peut exprimer un étant d’esprit mélancolique, s’accompagnant du besoin de tendresse et de douceur.

Rose

Association du rouge et du blanc, le rose, couleur de la chair, de la rosée régénératrice, de la séduction, symbolise l’amour, la pureté, la fidélité (comme la fleur du même nom)

Noir

Le noir, négation de la lumière, est le symbole du néant, de l’erreur, de ce qui n’est pas et s’associe à la nuit, à l’ignorance, au mal, à ce qui est faux. Il indique "l’ignorance enfantée par le mal et par toutes les passions égoïstes et haineuses". Couleur du charbon, il évoque le processus de la combustion, prélude à la régénération et renferme une idée de résurrection. Les rites initiatiques de l’antiquité comportaient des épreuves nocturnes : le postulant traversait une mort symbolique dans un lieu obscur, pour devenir un homme nouveau et renaître à la vie spirituelle.

On peut y voir l’expression du complexe d’abandon, inséparable de la mélancolie et souvent accompagné de la peur de la vie et du désespoir, tendance reflétées dans les rêves, ainsi que le besoin d’indépendance.

Gris

Union du blanc de l’innocence et du noir de la culpabilité, le gris fut l’emblème chrétien de la mort terrestre et de l’immortalité spirituelle, de l’innocence calomniée, noircie, condamnée par l’opinion ou les lois. C’est aussi la tonalité de la tristesse, de l’anxiété, de la rêverie vague. Dans la Bible, c’est la couleur de la cendre, symbole de pénitence et de deuil.

Couleur équivoque, le gris traduit le manque de vigueur des asthéniques, des déprimés, l’égoïsme, le refus de l’engagement, l’enclos narcissique, et, dans les rêves, l’excès d’indifférence, l’ennui, la froideur, le besoin de tranquillité.

Brun

Le brun, couleur de la terre, de la boue et du feuillage d’automne renferme des idées de dégradation et de mort. Dans la symbolique chrétienne, le rouge-noir, mélange de feu, de fumée, de cendre et de suie est le symbole de l’amour infernal et de la trahison. Couleur de la matérialité, le brun correspond à l’agressivité latente ou déclarée, la méchanceté, l’obstination, l’avarice, l’égoïsme. Dans les rêves, il traduit le besoin de confort et de sécurité.

La perception relative des couleurs

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, notre oeil ne voit pas la même couleur toujours de la même manière. L'environnement a une forte influence sur notre perception.

Le problème

Même parfaitement calibré, notre perception des couleurs est de toute façon faussée, parce que lorsque l'on regarde un objet, l'oeil a tendance à "mesurer", à comprendre, à évaluer sa couleur en fonction de la scène environnante. Une chaise rouge ne paraîtra pas du même rouge dans une pièce aux murs foncés que dans une pièce très claire (à éclairages identiques). Pour vous démontrer l'effet de l'environnement sur la perception d'une couleur, je vous invite à examiner les trois cas présentés ci-dessous.

Le contraste de luminosité

Notre oeil se base sur la luminosité globale d'une image pour "lire" celle d'une couleur particulière. Il est ébloui si la scène est très claire, et une même couleur lui semble plus foncée dans une scène lumineuse que dans un environnement sombre.
Le petit carré paraît être d'un gris plus foncé à droite qu'à gauche.

Le contraste de saturation

Toujours par une action d'opposition, nous évaluons la vivacité d'une couleur en fonction de la scène environnante. Une même couleur semble plus pâle si elle est entourée de couleurs vives et soutenues que si elle est isolée dans une image fade, passée.
Le petit carré paraît être d'un vert plus vif, moins pâle à droite qu'à gauche (les fonds ont même teinte et même luminosité).

Le constraste de teinte

Enfin, la teinte d'une couleur est elle aussi influencée. Par "réaction", notre oeil jugera un jaune plus chaud s'il se trouve dans une image verte, et plus citron voire verdâtre s'il est entouré de couleurs fauves, rouges.
Le petit carré paraît être plus bleuté à droite qu'à gauche (les fonds ont même saturation et même luminosité).

Autres facteurs

Votre écran est calibré, vous observez les couleurs toujours sur fond noir, et pourtant... L'écran n'est malheureusement pas le média le plus fidèle pour la restitution des couleurs. Il faut savoir qu'il existe un très grand nombre de couleurs perçues par notre oeil, mais non reproductibles à l'écran. Un paysage sur un moniteur n'a pas la même richesse de couleurs qu'en "vrai". Les écrans sont notamment faibles pour le rendu des teintes vertes, jaunes-vertes ou cyans. Bien sûr, il est difficile de s'en rendre compte, car notre oeil s'adapte et relativise les couleurs qu'il voit dans une même scène. On s'aperçoit de cette limitation si l'on cherche à reproduire une teinte que l'on a sous les yeux, sur un papier, un bout de tissu, une feuille.

Ne serait-ce que parce qu'un écran est éclairé par son tube, donc par l'arrière, il lui est difficile de reproduire des teintes fades, pastel, passées. Toute couleur affichée sera par définition lumineuse, puisqu'issue d'une illumination !

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